Initiation par le jeu au renseignement en contexte aéroportuaire

Retour sur une expérience concluante menée au niveau pré-universitaire

Je participe depuis plusieurs années au programme de l’attestation d’études collégiales (AEC) en Techniques de la sureté aéroportuaire, au Collège Gérald-Godin de Montréal (Ste-Geneviève). Cette formation de 525 heures est dispensée en collaboration avec la Sureté aéroportuaire d’Aéroports de Montréal (ADM) – la compagnie gérant les aéroports internationaux de Montréal-Trudeau et de Montréal-Mirabel. L’AEC vise à former des agents de sureté, appelés à travailler dans des aéroports canadiens.

Dans le cadre de cette formation, je dispense trois cours de trois heures chacun, consacrés respectivement au terrorisme, au profilage de sureté et au renseignement. Pour ce dernier, j’ai développé récemment un jeu pédagogique pour enseigner les rudiments du renseignement en milieu aéroportuaire. Ce jeu, intitulé Bellærophon, a connu son baptême du feu il y a quelques semaines.

Il serait prématuré de tirer des conclusions définitives d’une expérience qui, pour l’heure, n’a été menée qu’à une seule occasion. Toutefois, certaines constatations peuvent d’ores et déjà être rapportées. Ainsi, le questionnaire de rétroaction réalisé pour l’occasion a révélé des commentaires très positifs et encourageants de la part des 17 étudiants et des trois observateurs.

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Contrôle aléatoire préembarquement : une dangereuse illusion de sureté

Dans les aéroports canadiens, le point de contrôle préembarquement ressemble toujours davantage à la Ligne Maginot : un déploiement technologique impressionnant, particulièrement onéreux à implanter et à entretenir ; mais qu’il est pourtant aisé de contourner.

La liste des exemples est longue ; aussi n’en citerai-je ici que deux, sur lesquels j’ai déjà écrits dans le cadre de ce blogue.

  • Les fameux scanneurs corporels, tout d’abord. Au Canada, ces « scanneurs qui déshabillent » ne sont utilisés qu’au contrôle secondaire ; c’est à dire seulement lorsque le portique détecteur de métaux du contrôle primaire sonne l’alarme. C’est une véritable aberration, comme je l’ai précédemment expliqué ici.
  • Les détecteurs d’explosifs liquides, ensuite. Comme je le mentionnais dans un précédent article, ces appareils demeureront  sans intérêt tant qu’une technologie efficace ne sera pas en place à toutes les lignes de contrôle préembarquement, dans tous les aéroports et tant que l’on ne les aura pas couplés systématiquement avec un scanneur corporel.

À la lecture de ces textes, on serait tenté de rétorquer : C’est oublier un important niveau de sureté supplémentaire : le contrôle aléatoire au point de fouille.

Non, je ne l’ai pas oublié. Malheureusement, dans les faits, cette mesure se révèle totalement illusoire pour lutter efficacement contre le terrorisme aérien.

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