Vidéo Youtube sur l’inefficacité des scanneurs corporels d’aéroport – La TSA incapable de réagir

Mine de rien, c’est une crise majeure qu’est en train de traverser la Transportation Security Administration (TSA).

Son instigateur : un jeune ingénieur américain, Jonathan Corbett.

Son crime : la semaine dernière, il a publié sur YouTube une vidéo qu’il a tournée lui-même au point de fouille de deux aéroports américains. Il y montrait la facilité déconcertante avec laquelle on peut tromper les scanneurs corporels de la TSA et faire monter dans un avion de ligne des objets ou substances dangereux pour l’aviation civile : il a cousu à la main une poche latérale sur sa chemise et y a glissé une boite métallique ; l’objet n’a pas été détecté par le scanneur corporel de l’aéroport de Fort Lauderdale, ni par celui de Cleveland… En l’espace d’une semaine, cette vidéo a été visionnée 1.750.000 fois !

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Contrôle aléatoire préembarquement : une dangereuse illusion de sureté

Dans les aéroports canadiens, le point de contrôle préembarquement ressemble toujours davantage à la Ligne Maginot : un déploiement technologique impressionnant, particulièrement onéreux à implanter et à entretenir ; mais qu’il est pourtant aisé de contourner.

La liste des exemples est longue ; aussi n’en citerai-je ici que deux, sur lesquels j’ai déjà écrits dans le cadre de ce blogue.

  • Les fameux scanneurs corporels, tout d’abord. Au Canada, ces « scanneurs qui déshabillent » ne sont utilisés qu’au contrôle secondaire ; c’est à dire seulement lorsque le portique détecteur de métaux du contrôle primaire sonne l’alarme. C’est une véritable aberration, comme je l’ai précédemment expliqué ici.
  • Les détecteurs d’explosifs liquides, ensuite. Comme je le mentionnais dans un précédent article, ces appareils demeureront  sans intérêt tant qu’une technologie efficace ne sera pas en place à toutes les lignes de contrôle préembarquement, dans tous les aéroports et tant que l’on ne les aura pas couplés systématiquement avec un scanneur corporel.

À la lecture de ces textes, on serait tenté de rétorquer : C’est oublier un important niveau de sureté supplémentaire : le contrôle aléatoire au point de fouille.

Non, je ne l’ai pas oublié. Malheureusement, dans les faits, cette mesure se révèle totalement illusoire pour lutter efficacement contre le terrorisme aérien.

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Quand les relations publiques gouvernementales révèlent une faille de sureté aérienne…

On apprenait jeudi dernier dans le Times Colonist que le scanneur corporel de l’aéroport de Victoria (Colombie-britannique) n’avait quasiment jamais été utilisé de tout l’été. C’est du moins ce qu’avançait le syndicat de l’Association of Machinists and Aerospace Workers, le syndicat qui représente les personnels de sureté de l’aéroport.

Le Sénateur Colin Kenny, ancien président du comité sénatorial permanent de la sécurité nationale et de la défense, s’est aussitôt empressé de jeter de l’huile sur le feu, entonnant l’air connu du politicien outré, arguant qu’il était intolérable qu’une machine de 250.000 $ fût ainsi mise au rebut.

L’Administration canadienne de la sureté du transport aérien (ACSTA), responsable des points de contrôle préembarquement, a fait savoir, par la voix de son porte-parole, Mathieu Larocque, que ces informations étaient fausses. Selon lui, le scanneur a continué de fonctionner tout l’été, mais à un taux d’utilisation moindre. Il l’a expliqué par les compressions de personnels que l’ACSTA a subi récemment. Ce sont en effet 15 % de ses agents aux points de fouille qui ont été remerciés en mai dernier, coupes budgétaires fédérales obligent.

Mais l’important dans cette affaire ne réside pas dans le taux d’utilisation du scanneur corporel. Le vrai problème de cet article, c’est qu’on peut y lire le porte-parole de l’ACSTA révéler – sans même s’en rendre compte – une importante faille de sureté de l’aéroport de Victoria. Lire la suite

L’obsession technologique des autorités américaines – Le syndrome de la chaussure piégée

Jeudi dernier, une dépêche de l’AFP faisant état du discours prononcé le jour même, à Las Vegas, par Mme Janet Napolitano, Secrétaire à la sécurité intérieure des États-Unis, devant un parterre de gestionnaires de l’industrie du transport et du tourisme.

Elle y a déclaré que les bombes dissimulées dans les chaussures constituent encore et toujours une menace pour l’aviation civile. Elle a ajouté que son ministère cherche  activement une solution technologique à ce problème. Mais qu’en attendant, les voyageurs devront continuer à ôter leurs chaussures pour les faire scanner au point de contrôle préembarquement des aéroports.

Et d’asséner péremptoirement :

It’s a technological problem.

Cette petite phrase, totalement erronée, est lourde de sens. Elle révèle que, pour les autorités américaines, la sureté de l’aviation civile est avant tout, encore et toujours, une question de technologie : Lire la suite

Scanneurs à liquide dans les aéroports européens – Hypocrisie ou cécité ?

Ces dernières semaines, on parle de plus en plus du prochain relâchement de la restriction sur les LAG (liquides, aérosols et gels) au contrôle préembarquement dans les aéroports européens. Le New York Times vient d’ailleurs d’y consacrer un article.

En effet, d’ici deux mois (le 29 avril exactement), les passagers transitant par un aéroport de l’Union européenne seront autorisés à transporter des produits LAG achetés dans une boutique hors-taxes d’aéroport ou à bord d’un avion de ligne ; et ce, sans avoir à les faire scanner au point de fouille.

On se souvient que cette restriction sur les LAG trouve son origine dans un complot fomenté au Royaume-Uni en 2006 par des terroristes islamistes. Il s’agissait pour eux de faire exploser quasi-simultanément en vol au moins sept avions de ligne assurant la liaison entre l’Angleterre et l’Amérique du Nord (États-Unis et Canada) à l’aide d’explosifs liquides.

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Avions cargo dans les turbulences terroristes – Une analyse à contre-courant

Le 29 octobre dernier, on apprenait la découverte, au Royaume-Uni et à Dubaï, de deux bombes dissimulées dans des cartouches d’encre pour imprimante. Expédiés depuis le Yémen, ces deux colis piégés devaient rallier Chicago par avion cargo quelques heures plus tard.

Depuis l’annonce de ces événements, la sécurité intérieure américaine et le secteur du transport aérien international ont encore resserré les contrôles à l’encontre des passagers et du fret. Ce double attentat manqué, qualifié dans les pays anglophones de ink bomb plot, a en effet été largement décrit comme l’événement terroriste le plus inquiétant depuis l’attentat du 25 décembre 2009 contre le vol 253 de Delta Airlines entre Amsterdam et Détroit. Dans une allocution, le président américain Barack Obama qualifiait les nouvelles visées d’al-Qaïda envers les avions cargo de « credible terrorist threat ».

Pourtant, ces sensationnalistes ardeurs politico-médiatiques doivent être grandement tempérées.

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La stratégie déficiente du nouveau chef de la sureté des transports américains

John Pistole a été nommé à la tête de la Transportation Security Administration (TSA) fin juin 2010,  alors que l’institution voguait sans capitaine depuis un an et demi.

M. Pistole était la semaine dernière de passage à Atlanta, l’aéroport le plus achalandé du monde. Interrogé par un journal local, l’Atlanta Journal – Constitution, il a montré que, derrière son aura d’ancien directeur adjoint du FBI, spécialiste du contre-terrorisme, se cache en fait un haut fonctionnaire déjà engoncé dans les idées reçues.

Si, les premières semaines de son mandat, le style John Pistole a pu faire illusion, il est clair aujourd’hui qu’il a fait long feu… Comme l’attestent les extraits suivants.

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L’enfer (du point de contrôle passagers aux É-U) est pavé de bonnes intentions

Le site Internet du groupe Bloomberg s’est récemment fait l’écho d’une prochaine modification des scanneurs corporels d’aéroport.

Depuis plusieurs mois, ces machines injustement dites « de fouille à nu virtuelle » ont commencé à fleurir dans les aéroports américains mais aussi canadiens (notamment Montréal-Trudeau). Au grand dam de plusieurs organisations de défense des droits et libertés qui n’ont de cesse de crier à l’invasion de l’intimité du passager.

Nous ne reviendrons pas sur ce débat. Ce qui nous intéresse aujourd’hui c’est bien plutôt la nature de l’amélioration proposée aux logiciels traitant les images tirées de ces nouveaux scanneurs.

En effet, les sociétés L-3 Communications et OSI Systems (qui fabriquent les modèles les plus usités dans les aéroports) sont en pourparlers avec la Transportation Security Administration (TSA) pour ajouter une fonctionnalité qui, nous dit-on, mettrait fin à la stigmatisation de leurs appareils.

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Tempête dans un aquarium

ou

Comment on enterre les scanneurs à ondes millimétriques dans les aéroports canadiens

Le 28 août dernier, un certain Abdullah Hassan Tali Assiri (alias Abu al-Khair) a attenté à la vie du prince Mohammed bin Nayef, responsable saoudien de la lutte antiterroriste, en se faisant exploser dans le bureau de celui-ci. Le terroriste a été tué mais le prince saoudien n’a eu que des blessures superficielles.

Abu al-Khair, activiste d’Al-Qaida dans la péninsule arabique, avait, sous couvert du Ramadan, demandé audience au haut fonctionnaire en prétendant être un repenti. Il avait été conduit auprès du prince à bord de l’avion personnel de celui-ci. Porteur de la bombe, il avait passé avec succès le contrôle pré-embarquement de deux aéroports.

Et pour cause : la bombe était cachée dans son rectum. Une fois parvenu à immédiate proximité de sa cible, il a fait détoner la charge en lui par la voie des ondes, à l’aide de son téléphone portable.

Le modus operandi de cet attentat suicide a causé un tsunami dans le Landerneau de la sûreté aérienne et aéroportuaire. Mais doit-on s’étonner de la survenue d’un tel événement ? Non, pour deux raisons :

  • Tout d’abord, à chaque fois que les contre-terroristes trouvent la parade au dernier mode opératoire découvert, il y a toujours un petit malin qui en invente un nouveau.
  • Ensuite, ce n’était qu’une question de temps avant qu’un terroriste fît passer des explosifs comme des passeurs transportent des stupéfiants. Les « mules » ingurgitent en effet des volumes de drogues parfois considérables. Dans l’administration pénitentiaire, ce mode de dissimulation des objets prohibés est qualifié Keister. Pourquoi n’en irait-il pas de même des terroristes avec des pelotes de C4 ?

Sommes-nous ici confrontés au mode opératoire terroriste absolu (1) ? Est-ce la fin des nouveaux scanneurs à ondes millimétriques, avant même qu’ils ne soient installés dans les aéroports canadiens (2) ? En fait, si ces scanneurs hi-tech sont morts avant d’être nés, c’est bien plutôt en raison de leur relégation annoncée au seul contrôle secondaire pré-embarquement (3).

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Une motion qui protège l’intimité des terroristes et autres vilains usagers des aéroports

Le 4 juin dernier, chez nos voisins du Sud, la Chambre des Représentants a voté la Transportation Security Administration Authorization Bill. Ce texte, qui doit encore être entériné par le Sénat, vise à encadrer légalement les pratiques et attributions de la TSA. Or, à cette occasion, la chambre basse du parlement américain a voté un amendement des plus regrettables consacré aux nouveaux scanneurs à ondes millimétriques testés par la TSA depuis plusieurs mois dans divers aéroports du pays.

Nous avons rappelé il y a quelques semaines la problématique de ces scanneurs que d’aucuns qualifient d’appareils de « fouille à nu virtuelle ». Et nous avons également souligné les limites des arguments avancés par les partisans de son interdiction dans les aéroports. Car, aussi chers et intrusifs que l’on puisse les considérer, ces scanneurs à ondes millimétriques présentent pour le moins l’intérêt considérable de repérer des objets dangereux que les portiques traditionnels ne détectent pas.

Si l’on n’est guère surpris que les parlementaires américains aient remis le couvert pour combattre les « scanneurs qui déshabillent », on reste en revanche abasourdi par la teneur de cet amendement, adopté à une majorité de près des trois quarts.

En effet, si cette loi devait être entérinée par le Sénat, ces appareils fort décriés ne seraient plus autorisés pour le contrôle pré-embarquement primaire, mais uniquement pour le contrôle secondaire (c’est à dire le contrôle visant à déterminer pour quelle raison la personne a échoué au contrôle primaire).

Cette motion qui se veut respectueuse de vos droits et libertés se révèle doublement – et gravement – illogique.

1 – Tout d’abord, les Représentants en faveur de ce texte vouent aux gémonies ces nouveaux scanneurs en ce qu’ils constituent, selon eux, une violation éhontée de votre intimité en tant que personne humaine. Jusque là, rien de bien sidérant.

Mais si d’aventure vous faites bipper le portique traditionnel du contrôle primaire, soudainement, vous entrez de plain-pied dans la caste des sous-hommes, ceux qui n’ont plus droit à leur intimité. En effet, si vous êtes Monsieur ou Madame Toulemonde et que vous avez oublié d’ôter votre ceinture à boucle métallique avant de passer sous le portique, vous devenez instantanément un paria, dont la « fouille à nu virtuelle » n’offusque plus les Représentants.

2 – Plus ridicule encore : si vous êtes un terroriste, soyez rassuré. Vous pourrez continuer à franchir le contrôle pré-embarquement les poches pleines d’armes à feu en matériau composite ou de couteaux en céramique. En effet, dès lors que vous ne faites pas bipper le portique traditionnel du contrôle primaire, les Représentants américains semblent estimer que vous ne présentez pas le moindre danger pour l’aviation civile…

Il est clair que cette incohérence est la résultante de tractations en coulisses entre Représentants démocrates, républicains progressistes et lobbyistes de l’industrie de la sécurité. Mais à trop vouloir ménager la chèvre et le chou, les résidents de l’aile Sud du Capitole n’ont apparemment pas compris qu’ils renforçaient l’effet pervers des dispositifs de sûreté de l’aviation civile : alourdir toujours davantage le passage à l’aéroport de Mr GoodGuy, sans pour autant entraver celui de Mr BadGuy.

Contrôle pré-embarquement : strip-tease ou palpation ?

Le 6 février dernier, la télévision suisse romande diffusait un reportage consacré aux nouvelles technologies de contrôle pré-embarquement.

Concis mais efficace. Ainsi, la reporter suisse voue ainsi aux gémonies le nouveau scanneur à ondes millimétriques, tandis qu’elle pare de toutes les vertus le Smart Corridor.

Vous voici devant une nouvelle manifestation du syndrome du journaliste-qui-comprend-rien-à-rien-mais-qui-sait-tout-sur-tout.

Petite analyse contradictoire.

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